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N° 1517 septembre 1994

"HOMMAGE à MAURICE BONNET"

1932-1994, la boucle est bouclée pour l'inventeur décédé à Rabastens dans le Tarn cette année là, mais sans doute pas pour l'invention ! L'histoire des réseaux lenticulaires est en train de se réécrire en RVB et à partir des pixels.

L'hommage à Maurice Bonnet rendu par René Denilauler (pp.24-25) professeur à l'Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière fait référence aux premiers travaux et au brevet inital sur la PER avec Henry Gandillon (BF.774 145 datant du 5 juin 1934) . Soixante années ont passées dont on peut retenir comme principales activités :

"Après avoir créé la Reliéphographie (...) Maurice Bonnet améliore la qualité de ses images en relief en appliquant un vernis transparent sur le réseau de lignes afin d'éviter la diffusion de la lumière (BF.839 046). C'est cette idée qu'il propose également à la télévision en train de naître.
Mais surtout il brevète cette amélioration pour les réseaux lenticulaires qui étaient utilisés jusqu'alors en photographie et cinématographie en couleurs (BF.839 056) : par occultation des espaces entre les cannelures du gaufrage à l'aide d'une trame-réseau de lignes noires, il remédie à l'imperfection des lentilles cylindriques devant séparer les trois couleurs B,V et R de chaque point-image. Figure III
Ces réseaux lenticulaire, en réalité des cannelures semi-cylindriques très fines (40 par mm) étaient gravées (ou imprimées à chaud) dans le triacétate (ou le celluloïd) selon l'axe du support. Chaque cannelure jouant le rôle d'une petite loupe transformait chaque pixel de l'image optique en trois petits points dans la couche d'émulsion sous-jacente. Ceux-ci correspondaient aux trois secteurs d'un filtre B,V,R incorporé dans l'objectif de l'appareil photo. Un développement positif après inversion permettait de projeter une image en couleurs "naturelles" à l'aide d'un objectif contenant lui-même ce même filtre B,V,R. Figure IV.
(...) Maurice Bonnet constatant la possiblité de séparation de l'image optique ponctuelle de l'objectif de l'appareil de prise de vue en trois points B,V,R (sélection trichrome), eut tout simplement l'idée d'utiliser ces cannelures pour séparer l'image optique de ses objectifs multiples de son appareil de prise de vue stéroscopique ! Il fallait y penser (voir Le Photographe N° 1513 d'avril 1994).
Son premier brevet sur la photographie en relief sur papier date du 24 octobre 1936 (BF.852 964). Survient la guerre. Le 19 septembre
1939, Maurice Bonnet est affecté au C.N.R.S avec pour mission.
  • La photographie en relief des blessés de la face avec le Professeur Lemaître.
  • La radiographie en relief pour le général Belot, médecin en chef du Val de Grâce.
  • La photographie aérienne pour les services géographiques de l'armée.

Vaste programme qui sera interrompu par l'Armistice. Mais le train est en marche, on n'arrête pas un chercheur en cours de route. Il continue ses recherches sur la photographie auto-stéréoscopique, permettant au grand public l'observation d'images 3D sans dispositif annexe tel qu'un stéréoscope ou une paire de lunettes. Une centaine de brevets concrétisent son oeuvre et ses applications à l'astronomie, aux vues aériennes civiles et militaires (1950), aux cartes postales en relief (1956), à la radiographie médicale (1972), au microsocope électronique (1985) et aussi aux images numériques 3D (1986).
Ses photographies en relief ont fait le tour du monde lors de très nombreuses expositions et conférences.
Le cinéma en trois dimensions, la télévision en relief, l'image virtuelle 3D, n'auraient peut-être pas suscité autant d'intérêt si un savant tel que Maurice Bonnet n'avait pas consacré toute sa vie à la restitution du relief. "(...)

René DENNILAULER

1994 page 94/97